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Secret des portes et murailles de Jérusalem

Carl Buchalet
14 min de lecture
Secret des portes et murailles de Jérusalem
Israël • Archéologie

Découvrir la vieille ville de Jérusalem est indispensable pour tous les visiteurs
de la capitale d’Israël. Faire le tour des murailles permet de découvrir la
ville « d’en haut » et de voir la complexité et la variété des quartiers qui la composent.

Par Brigitte Ohnona Mannheim, Archéologue à l’IAA
et Dr David Ohnona, CEO Memories Foundation, ex-inspecteur général à l’IAA
Porte de Damas peinte en 1842 par David Roberts
« Parcourez Sion, parcourez-en l’enceinte, comptez ses tours, observez ses remparts,
entrez dans ses citadelles pour pouvoir en faire le récit à l’âge futur. »
Psaumes 48:12

Jérusalem, Yerushalayim en hébreu, al-Quds en arabe,
est une ville trois fois sainte qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne
et musulmane. Ses origines remontent environ au XXe siècle avant notre ère ; la ville est vieille
de plus de 4 000 ans ! La première mention de Jérusalem se trouve dans des textes égyptiens
sous le nom de Rushalimu, probablement en allusion au dieu cananéen Shalem. Jérusalem
est citée 660 fois dans la Bible hébraïque, et son synonyme Sion y apparaît 158 fois.
Le Nouveau Testament la nomme 140 fois. Jérusalem n’est pas mentionnée dans le Coran,
mais des épisodes coraniques y auraient eu lieu.

Une histoire de fortifications

Avant de découvrir plus particulièrement les murailles actuelles et ses différentes portes,
il faut rappeler que, dès les périodes les plus anciennes, la cité est entourée de fortifications.
Leurs fonctions dans les villes antiques étaient notamment de protéger les populations,
les femmes en particulier, les richesses locales, les échanges commerciaux.

À l’âge du Bronze, les fortifications cananéennes étaient déjà impressionnantes :
les vestiges de la muraille mesurent près de 8 mètres de haut. Elle avait pour fonction
principale de protéger le Gihon, la seule source naturelle de Jérusalem, des pilleurs
et assaillants venus du désert environnant pour voler l’eau, enjeu majeur pour les
populations de l’Antiquité.

Ainsi, le roi David a conquis et établi une nouvelle cité sur le site de la ville jébuséenne
déjà fortifiée. Néanmoins, le terme « muraille de Jérusalem » est utilisé pour désigner
l’ouvrage de fortifications construit à l’époque de son fils, le roi Salomon, et du Premier Temple.

[…] jusqu’à ce qu’il — Salomon — eût achevé de bâtir sa propre maison,
le Temple du Seigneur et le mur d’enceinte de Jérusalem.

I Rois 1-3

La ville était divisée en deux quartiers distincts : l’ancien, qui comprenait la cité de David,
dite aussi ville basse, et le nouveau ou ville haute, au nord de celle-ci, où Salomon construisit
le Temple, au sommet du mont Moriah. Tout au long de la période du Premier Temple,
les murs de la ville furent agrandis et, selon le texte biblique, ce fut une des entreprises
de construction les plus importantes (I Rois 9-15).

Les remparts postérieurs à l’époque du roi Salomon datent du VIIIe siècle avant notre ère.
C’est la muraille du roi Ézéchias, construite pour faire face aux Assyriens. Une portion
de ce mur a subsisté et est toujours visible sous le niveau de la chaussée actuelle dans
le quartier juif de la vieille ville. Ces murailles, ainsi que le Premier Temple, ont été
détruites par le conquérant babylonien Nabuchodonosor II en 586 avant notre ère ;
c’est le temps du premier exil à Babylone. Esdras et Néhémie, au retour de l’exil en
516 avant notre ère, font reconstruire ces murailles et rebâtir un Second Temple.

La phase suivante désigne le rempart des Hasmonéens au IIe siècle avant notre ère.
Il englobe l’intégralité du mont Sion et du mont du Temple.
Entre 41 et 44 de notre ère, le roi de Judée Hérode Agrippa Ier fit construire
de nouveaux murs connus sous le nom de troisième rempart.

Titus, entrant dans la ville, en admira surtout les fortifications et les tours
que les tyrans, dans leur folie, avaient abandonnées […] Il fit plus tard raser le reste
de la ville et saper les remparts, mais conserva ces tours pour être un monument de sa fortune […]
Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ;
les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville
dont la valeur romaine avait triomphé.

Flavius Josèphe — La Guerre des Juifs, Livre VI

En 135, Ælia Capitolina est le nom donné à Jérusalem par l’empereur Hadrien.
La nouvelle ville romaine est construite sur l’emplacement de Jérusalem, dans des dimensions
plus petites que la ville juive. Les Juifs, toutes tendances confondues, sont expulsés de la ville
et interdits de droit de cité sous peine de mort, sauf le 9 Ab du calendrier hébraïque —
où ils ont le droit de venir se lamenter sur les ruines du Temple afin d’en commémorer la chute —,
en payant une taxe d’entrée.

En 1033, une grande partie des murs est détruite par un tremblement de terre.
Les murs seront reconstruits lors de la conquête des Croisés en 1099.

Vue aérienne de la vieille ville de Jérusalem avec ses remparts, montrant les quatre quartiers et l'esplanade du Temple
Vue du ciel : la vieille ville de Jérusalem avec ses remparts. (Photo © Avraham Graicer)

Les murailles ottomanes

Les remparts sont endommagés lors de la prise de la ville par Saladin en 1187 mais reconstruits
en 1212. L’histoire de Jérusalem sera agitée pendant les Croisades du XIIIe siècle.
En 1219, le sultan al-Mu’azzam fait détruire les murailles qu’il pense perdre.
La muraille aura tenu sept ans. Cette décision surprenante aurait eu pour but
d’enlever tout intérêt stratégique à la ville sainte. Les murailles ne seront pas relevées
durant le pouvoir mamelouk (1260-1516).

En 1516, le sultan ottoman Soliman le Magnifique, fils de Selim Ier,
conquiert Jérusalem et, après trois siècles sans muraille, décide de reconstruire
entièrement les murs de la ville, en grande partie sur le tracé des anciens remparts,
sauf le mont Sion qui reste à l’extérieur. La construction dure de 1535 à 1538.
C’est la muraille actuelle que nous allons parcourir maintenant.

4 018 m
Longueur totale des murailles
12 m
Hauteur moyenne
2,5 m
Épaisseur
34
Tours de guet
7
Portes actives

La vieille ville de Jérusalem, avec une superficie de 0,86 km², est divisée en quatre
quartiers — juif, chrétien, arménien et arabe — qui répartissent ses habitants selon
leurs confessions religieuses ou leur appartenance ethnique. L’esplanade du mont du Temple
couvre 144 000 m², soit cinq fois la superficie de l’acropole d’Athènes.
En 1981, la vieille ville de Jérusalem et ses anciens remparts sont devenus un site classé
au patrimoine mondial de l’Unesco.

Sur tes remparts, Jérusalem, j’ai placé des veilleurs ;
ni de jour ni de nuit, jamais ils ne doivent se taire.

Isaïe 62:6

Les portes de Jérusalem

Dans une ville fortifiée, les portes sont un maillon essentiel de la vie quotidienne :
elles relient la ville au monde extérieur et permettent le commerce et la circulation
des pèlerins et des habitants. L’importance des portes tient à leur emplacement
et à leur proximité de routes importantes. Près des portes se sont développés
les échanges et le commerce avec la création de douanes, de bureaux de poste,
de banques et d’hôtels. Les portes étaient aussi les points les plus faibles des murailles,
c’est pourquoi des fortifications supplémentaires ont parfois été construites
et des gardes les ont protégées jour et nuit.

Huit portes percent les murailles de la vieille ville de Jérusalem (l’une d’elles est murée).
L’accès à la promenade se fait par la porte de Jaffa. Suivons maintenant le parcours du visiteur…

• • •

La Porte de Jaffa

La Porte de Jaffa, entrée occidentale de la vieille ville de Jérusalem, avec son arche gothique et ses murailles de pierre calcaire
La Porte de Jaffa, entrée principale côté occidental de la vieille ville. (Photo © Wikipedia)

La porte de Jaffa, appelée également porte d’Hébron, et en arabe Bab al-Khalil
(Porte de l’Ami), est la seule porte percée sur le côté occidental de la vieille ville.
Elle fait face à Bethléem et Hébron au sud et au port de Jaffa à l’ouest, d’où ses différents noms.
Elle donne accès aux quartiers chrétien et arménien. Elle date de l’époque de Soliman le Magnifique,
qui l’a fait restaurer en 1538, mais est située à peu près à l’emplacement d’une porte plus ancienne.

La porte comporte une chicane, permettant de freiner l’envahisseur potentiel,
et un pispash, une petite ouverture pour permettre les entrées et sorties d’urgence.
À l’intérieur de l’arche se trouve une inscription en arabe :

Au nom de Dieu, le plus gracieux et le plus miséricordieux, l’ordre de la construction
de ces murs bénis a été commandé par notre maître, le Sultan le Grand, le Souverain,
le Souverain de Rome, des Arabes et des Perses, le Sultan Soliman fils du Khan Selim.
Que Dieu prolonge son règne et sa puissance en l’an 945 de l’Hégire [1538].

Inscription en arabe à l’intérieur de la Porte de Jaffa

Juste après avoir passé la porte, se trouvent deux tombes sans nom, décorées avec des turbans
de pierre de l’époque ottomane. Elles abriteraient les dépouilles des deux architectes qui ont conçu
les murs de la ville. Selon la légende, Soliman, fou de rage, les aurait fait exécuter lorsqu’il
aurait appris que, malgré ses ordres, ils avaient laissé le mont Sion avec la tombe de David
en dehors des murs de la ville. Une autre tradition rapporte que Soliman aurait ordonné de décapiter
les deux architectes afin qu’ils ne révèlent pas l’existence de passages secrets dans les fortifications.
D’autres encore ont raconté que Soliman les a fait tuer afin de ne pas les payer…

Sur le côté de la porte de Jaffa se trouve une route qui entre dans la vieille ville par une brèche
ouverte dans la muraille : elle a été créée pour permettre au Kaiser Guillaume II,
le 25 octobre 1898, d’arriver dans la vieille ville sur son cheval blanc.
Il allait inaugurer l’église luthérienne du Rédempteur de Jérusalem.

En 1908, une « tour de l’horloge », en calcaire blanc de 25 mètres de haut,
est installée à la porte de Jaffa. Elle est démontée par les Britanniques en 1922.
Il reste actuellement six autres tours de même type en Israël, à Jaffa, Acre, Safed,
Nazareth, Haïfa et Naplouse. Elles ont été construites vers 1900 en l’honneur du jubilé
d’argent du sultan Abdülhamid II. En 1917, l’armée conquérante britannique du général
Allenby entra à pied dans la ville par la porte de Jaffa et, en 1948, la Haganah s’est battue
avec acharnement pour tenter de prendre cette porte, qui aurait relié la vieille ville
et le quartier juif à la partie ouest de la ville moderne, mais elle a échoué et les juifs
ont été totalement expulsés de la vieille ville. La porte de Jaffa est restée dans la partie
jordanienne de la ville jusqu’en 1967.

La Porte Neuve

La Porte Neuve de Jérusalem, ouverte en 1889, la plus récente des portes de la vieille ville
La Porte Neuve, ouverte en 1889. (Photo © Wikipedia)
La Porte de Damas, la plus monumentale des portes de Jérusalem, avec son imposante façade crénelée
La Porte de Damas, la plus monumentale. (Photo © Elie Attali)

En longeant la muraille vers le nord à partir de la porte de Jaffa, on arrive à la porte Neuve,
Bab al-Jadid en arabe, la plus récente. Elle a été ouverte en 1889, sous le règne du sultan
ottoman Abdul Hamid II, à la demande d’un ambassadeur français à Constantinople qui souhaitait
que le quartier chrétien soit directement relié aux institutions françaises du secteur,
notamment le Centre Notre-Dame de France, où les pèlerins français logeaient.

La Porte de Damas

La porte de Damas, Bab al-Amud en arabe, est la plus monumentale.
Elle faisait face à la capitale syrienne et la route qui en partait menait à Damas, d’où son nom.
Elle a été construite entre 1536 et 1538. Elle se situe au point géographique le plus bas
de la vieille ville et donne accès au quartier chrétien et au quartier musulman.

Des fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges d’une porte datant de l’époque
de l’empereur Hadrien, lorsque Ælia Capitolina était ville romaine. D’ailleurs, le nom arabe
Bab al-Amud qui signifie « Porte du Pilier », dérive de la période romano-byzantine
lorsqu’un grand pilier se dressait au milieu de la place, à l’extérieur de la porte d’origine.
Il s’agissait d’une colonne de victoire romaine surmontée d’une statue de l’empereur Hadrien.
Le pilier servait de point zéro pour mesurer la distance entre Jérusalem et les autres villes voisines.
Ce pilier est bien visible sur la célèbre « carte de Madaba », une mosaïque du VIe siècle
de notre ère découverte en Jordanie et sur laquelle Jérusalem est représentée.

La Porte d’Hérode

La Porte d'Hérode, également appelée Porte des Fleurs, entrée du quartier musulman
La Porte d’Hérode (ou Porte des Fleurs). (Photo © X-DR)
La Porte des Lions, ornée de quatre lions sculptés en bas-relief, emblèmes du sultan mamelouk Baybars
La Porte des Lions, ornée de quatre lions sculptés. (Photo © X-DR)

La porte suivante est celle d’Hérode, Bab al-Zahra en arabe, ou Porte des Fleurs.
Elle donne accès au quartier musulman de la vieille ville. Elle a été construite entre 1537 et 1538.
Sur la façade intérieure de la porte, des motifs décoratifs floraux typiques de l’art islamique
sont visibles et le nom arabe fait référence à ces motifs ; le nom anglais vient de pèlerins
chrétiens du XVIe siècle qui ont identifié, à tort, une maison mamelouke non loin de là
comme la résidence d’Hérode Antipas où Jésus aurait comparu (Luc 23,7-12).
Cette porte repose sur des fondations anciennes, révélées par les fouilles archéologiques.

La Porte des Lions

En continuant de longer les murailles, on arrive à la Porte des Lions,
Bab al-Asbat en arabe. Son autre nom arabe, Bab Sittna Maryam
— Porte de Notre-Dame Marie — fait référence à la proximité de la porte avec l’église
Sainte-Anne où les chrétiens croient que la Vierge Marie est née. Les chrétiens coptes
l’appellent aussi la Porte Saint-Étienne d’après la légende selon laquelle le premier
martyr chrétien, saint Étienne, fut lapidé devant cette porte.

Elle a été construite entre 1538 et 1539 ; c’est la seule porte qui permet d’entrer par l’est
dans la vieille ville de Jérusalem. Elle mène directement au quartier musulman et constitue
la porte la plus proche de la mosquée al-Aqsa. Le nom hébraïque « porte des Lions »
fait référence aux animaux sculptés en bas-reliefs de chaque côté de la porte :
quatre lions, deux à gauche et deux à droite. Ce sont les emblèmes du sultan mamelouk
Baybars (1260-1277) qui fut en grande partie responsable de la chute du royaume latin de Jérusalem.
Le sultan Soliman fit réaliser cette sculpture pour célébrer la défaite des Mamelouks en 1517.

La légende raconte que le prédécesseur et père de Soliman, Selim Ier,
rêva des lions qui allaient le dévorer à cause de ses projets de raser la ville.
Il ne fut épargné qu’après avoir promis de protéger la ville en construisant
une muraille autour d’elle. Cela a conduit le lion à devenir le symbole héraldique de Jérusalem.
C’est par cette porte que les Israéliens pénétrèrent dans la ville lors de la guerre
des Six Jours en juin 1967. Elle a été restaurée en 1969.

La Porte Dorée

La Porte Dorée, murée depuis des siècles, située face au mont des Oliviers, avec le cimetière musulman à ses pieds
La Porte Dorée (Porte de la Miséricorde), murée depuis des siècles, face au mont des Oliviers. (Photo © Elie Attali)

On arrive ensuite à la Porte Dorée, Bab al-Dhahabi en arabe, également appelée
la Porte de la Miséricorde, Bab al-Rahma. Située en face du mont des Oliviers,
elle date du VIe siècle. La porte a été murée par les musulmans en 810, puis rouverte
par les Croisés en 1102. Saladin victorieux en 1187 la ferme à nouveau, et quand le sultan
ottoman Soliman le Magnifique construit les remparts autour de la ville en 1541,
il fortifie la porte et la maintient fermée.

Si on pouvait la franchir, elle donnerait directement accès à l’esplanade du Temple.
Mais elle reste murée et, selon la tradition juive, elle ne se rouvrira qu’à la fin des temps.
Les musulmans et les chrétiens pensent que cette porte est la dernière porte utilisée
par Jésus pour entrer à Jérusalem en route vers sa crucifixion, et les juifs
la considèrent comme la porte par laquelle le Messie entrera à Jérusalem.
La porte actuelle date vraisemblablement de l’époque omeyyade (VIIe siècle),
et elle a été érigée au-dessus d’une autre porte encore plus ancienne découverte récemment.

La Porte des Immondices

La Porte des Immondices, accès au Mur Occidental et au quartier juif
La Porte des Immondices, accès au Mur Occidental. (Photo © Elie Attali)
La Porte de Sion, marquée par les impacts de la guerre de 1948
La Porte de Sion, marquée par les combats de 1948. (Photo © Berthold Werner)

L’accès à l’extrémité sud-est de la vieille ville et au mur Occidental
— dit des Lamentations — se fait par la Porte des Immondices, également appelée
Porte de Silwan. En arabe, il s’agit de Bab al-Maghariba, la Porte des Maghrébins.
Construite entre 1540 et 1541, elle permettait d’accéder aux quartiers juif et maghariba (marocain)
de la vieille ville ; ce dernier fut détruit quelques jours après la guerre de 1967
pour agrandir le quartier juif.

Dans l’Antiquité, les Juifs l’appelaient Shaar haashpot — « porte des immondices » —,
en référence à une des portes du rempart construit par Néhémie.
Il est interdit de prononcer le nom de Dieu dans les prières si l’on sent la puanteur
des ordures, et c’est par cette porte qu’étaient évacués les détritus de la ville
vers la vallée de Guei Hinnom (la Géhenne). Cette vallée, dans laquelle étaient
relégués des lépreux, était aussi connue pour les crimes qui y étaient commis,
ce qui explique son épouvantable réputation.

Hanun et les habitants de Zanoach réparèrent la porte de la vallée. Ils la bâtirent,
et en posèrent les battants, les verrous et les barres. Ils firent de plus mille coudées
de mur jusqu’à la porte du fumier.

Néhémie 2,13 ; 3,13-14

La Porte de Sion

La huitième porte est la Porte de Sion, Bab Haret al-Yahud en arabe (porte du quartier juif),
ou aussi Bab al-Nabi Da’ud (Porte du Prophète David). Elle a été construite en 1540
dans la partie sud-ouest des murailles et tire son nom de la colline sur laquelle se trouve
cette partie de la ville, appelée « Montagne de Sion » à partir du IVe siècle.
Selon la tradition, c’est près de cette porte qu’aurait été enterré le roi David.

En entrant dans la vieille ville, elle mène directement au quartier arménien.
On voit encore les cicatrices de la guerre de 1948, les impacts de balles,
lorsque les forces du Palmach l’ont dynamitée pendant leurs tentatives infructueuses
de conquérir la vieille ville et de libérer les Juifs assiégés qui étaient piégés dans le quartier juif.
Finalement, elles se sont retirées et la vieille ville est restée du côté jordanien jusqu’à la guerre de 1967.
Deux mezouzoth en pierre ont été placées de part et d’autre de la porte,
fabriquées avec des plaques d’obus ayant servi à reprendre le quartier juif.

• • •

Après avoir parcouru les murailles, la vieille ville invite le visiteur ou le pèlerin
à pénétrer et déambuler dans ses différents quartiers afin de découvrir la richesse,
la complexité et la beauté de Jérusalem, « ville d’or et de lumière »…

Du haut des remparts, on prend conscience du développement et de l’étendue
de la Jérusalem moderne, dont la superficie atteint aujourd’hui 125 km²,
alors que la vieille ville n’occupe qu’1 km².

Timbres-poste israéliens représentant les portes de Jérusalem : Porte de Jaffa, Porte Neuve, Porte Dorée, Porte de Damas, Porte d'Hérode, Porte de Sion
Timbres-poste israéliens célébrant les portes de Jérusalem
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