Dans la Galilée orientale, six dents humaines ont été découvertes.
Les analyses, effectuées, par le Dr. Racheli Sarig de l’Ecole de médecine dentaire et du centre Dan David pour l’Etude de l’histoire humaine de l’Université de Tel Aviv, en collaboration avec l’IAA, ont révélé que les dents provenaient d’un Homo Sapiens et d’un homme de Néandertal.
L’étude a démontré que les êtres humains ont immigré d’Europe vers le Levant, il y a 40 000 ans.
Les dents ont été découvertes dans la grotte de Manot, qui fait depuis ces dix dernières années l’objet de fouilles menées par le Dr. Barzilai de l’Autorité des antiquités d’Israël, le Prof. Israël Hershkowitz du Centre Dan David de l’Université de Tel-Aviv et le Prof. Ofer Marder de l’Université Ben Gourion du Néguev, afin de suivre l’évolution de l’homme moderne en Israël.
« La découverte est d’une grande importance pour identifier les habitants qui vivaient dans la grotte il y a des dizaines de milliers d’années », explique le Dr. Sarig. Les dents se conservent mieux que les os car elles sont en émail, la matière la plus résistante du corps humain. Plus important encore, la structure, la forme et la topographie (saillies à la surface) de la dent possèdent une forte composante génétique, ce qui permet d’identifier les dents de populations spécifiques. Des tests approfondis de micro-tomodensitométrie et d’analyses 3D sur quatre de ces dents ont permis d’obtenir des résultats obtenus qui ont surpris les chercheurs: une des dents présentait une morphologie typique de l’homo sapiens, l’homme moderne; une possédait des traits caractéristiques de l’homme du Neandertal, et les deux autres montraient une combinaison rare de caractéristiques néanderthaliennes et modernes. Selon les chercheurs, une telle combinaison n’a été retrouvée jusqu’à présent que chez des populations européennes du début du Paléolithique supérieur, il y a environ 40 000 ans. La combinaison a récemment confirmée au moyen d’analyses génétiques, impliquant que l’homme du Neandertal s’est assimilé à l’homme moderne en Europe.
« Les dents de la grotte de Manot revêtent une importance cruciale, car jusqu’à présent nous n’avions pas trouvé de restes humains de cette période en Israël, ce qui représentait une lacune importante dans nos connaissances », note le Prof. Hershkowitz. « Cette étude novatrice raconte pour la première fois l’histoire d’une population responsable de l’une des révolutions culturelles les plus importantes de l’histoire de l’humanité ».
« Les dents ont été trouvées dans des couches archéologiques associées à la culture dite aurignacienne, une culture riche et développée associée à la fin de la période du Neandertal et au début du paléolithique supérieur en Europe, signifiant une nouvelle ère dans le développement culturel de l’humanité moderne », explique le Dr. Barzilay. « En fonction des études génétiques récentes qui ont montré qu’en Europe de l’Est les Néandertaliens se sont assimilés à la population aurignacienne locale, il semblerait que la présence de caractéristiques néandertaliennes dans les dents découvertes à Manot puisse être interprétée comme une preuve supplémentaire du fait que l’origine de la culture aurignacienne à l’est de la Méditerranée provienne d’Europe. Ces populations ont peut-être cherché à s’éloigner des conditions climatiques extrêmes qui régnaient dans leur pays d’origine à l’époque, point culminant de la dernière période glaciaire ».
« Nos découvertes sont particulièrement importantes car elles mettent en lumière une période relativement inconnue de l’histoire de l’humanité en Israël », conclut le Dr. Sarig. « On pensait jusqu’à présent que les Néandertaliens auraient disparu du Levant il y a 50 000 ans avec l’arrivée des populations humaines modernes d’Afrique. La découverte de caractéristiques de l’homo sapiens et de Néandertalien dans des dents d’il y a 38 000 ans dans la grotte de Manot étaye l’hypothèse selon laquelle la population qui a émigré ici, probablement d’Europe, était mélangée et il est possible qu’elle ait apporté avec elle sa culture de l’époque. Ainsi, nos recherches apportent la connaissance d’un autre moment dans la séquence évolutive et culturelle de l’humanité, une pièce supplémentaire dans le vaste puzzle que constitue l’histoire humaine ».
Ces résultats permettent une avancée importante sur notre connaissance du développement humain aux périodes préhistoriques.
Pour voir l’analyse plus en détails : https://www.ami-universite-telaviv.com/…/1117-des-dents…