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AKKO la mystérieuse

Carl Buchalet
19 min de lecture
AKKO la mystérieuse
L’Arche N°711 — Juillet-Août 2025
Dossier conçu et réalisé par Brigitte Ohnona Mannheim, archéologue, et Dr David Ohnona, CEO Memories Foundation

Akko la mystérieuse

À la frontière du passé et du présent, sur la côte nord d’Israël
Par P.-H. L. — Édito
Vue de la vieille ville d'Akko, ses remparts et la Mediterranee
Akko (Saint-Jean-d’Acre), cité portuaire millénaire sur la côte nord d’Israël, face à Haïfa.

À la frontière du passé et du présent, sur la côte nord d’Israël, s’étend la ville d’Akko. Tous les Israéliens l’appellent ainsi puisque c’est son nom originel en hébreu. Mentionné dans la Bible, la ville fait partie du territoire attribué à la tribu d’Aser, par Josué, lors de la conquête de la terre de Canaan par les Hébreux ayant quitté l’Égypte sous la conduite de Moïse. Akko donc… sauf que les touristes, principalement ceux venus d’Europe, lui préfèrent parfois Saint-Jean-d’Acre.

Port antique tourné vers la Méditerranée, cité fortifiée aux ruelles labyrinthiques, Akko a vu défiler les civilisations, les empires et les armées, des Pharaons aux Ottomans, des croisés à Napoléon ; chacun faisant à sa manière partie de son histoire.

Le patrimoine archéologique est véritablement incroyable ! C’est pourquoi ce numéro de l’arche y consacre sa plus grande part. Les vestiges des croisés, par exemple, longtemps enfouis sous les constructions ottomanes, ont été exhumés avec patience. On y découvre des salles voûtées, des tunnels sans fin, des murailles massives.

P.-H. L.

Aujourd’hui, Akko est une ville « mixte », à majorité arabe, mais abritant aussi une population juive, chrétienne et druze. Les appels du muezzin et les prières juives font le quotidien de ses habitants, et tous vivent ensemble dans un équilibre parfois fragile, mais réel.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, Akko est un trésor que nous vous proposons de découvrir. Vous connaissez déjà ? Oh non ! Car même lorsque l’on croit la connaître, Akko cache toujours sous ses pierres des secrets et d’insoupçonnables mystères…

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Akko, ou Saint-Jean-d’Acre

Une cité au passé glorieux
Par Brigitte Ohnona Mannheim — Memories Foundation
Ruelle voutee de la vieille ville d'Akko
Une ruelle voûtée de la Vieille ville d’Akko, témoignage des multiples couches de civilisation. © Shutterstock

Classée en 2001, Acre ou Saint-Jean-d’Acre ou Akko (hébreu : עכו ; arabe : عكا, ‘Akkā) est une ville dynamique, qui existe sans interruption depuis environ cinq mille ans. C’est l’un des plus anciens sites au monde habités en permanence.

L’ancienne Akko était située sur le tel Akko (ou Tel El Fukhar), à environ 2,5 km à l’est de la Vieille ville. Le peuplement du tel remonte au début de l’âge du Bronze ancien, vers 3000 avant notre ère. Vers 1500 avant notre ère, Akko s’étendait sur une petite péninsule, une zone idéale pour le commerce.

Akko à travers les âges

« Acre est une ville portuaire fortifiée historique où les établissements humains se sont succédé sans interruption depuis l’époque protohistorique. La cité actuelle est caractéristique des villes fortifiées ottomanes des XVIIIe et XIXe siècles, avec sa citadelle, ses mosquées, ses khans (caravanérails) et ses bains publics. » — UNESCO

Vue aerienne de la baie d'Akko
Vue aérienne montrant la position stratégique d’Akko dans la baie. © David Ohnona

Durant la période romaine, le statut autonome d’Akko en tant que polis (cité) persista. De nombreux Juifs s’installèrent alors à Akko, et la ville fut liée à l’histoire des Juifs en Israël tout au long de la période talmudique.

À l’époque des croisades, Akko était considérée comme la capitale du Royaume croisé de Jérusalem pendant un siècle, de 1191 à 1291. La présence importante de commerçants italiens et français fit de Saint-Jean-d’Acre un centre crucial du commerce Est-Ouest.

Portes monumentales d'Akko
Les portes monumentales de la Vieille ville. © Shutterstock
Jardins Bahai pres d'Akko
Les jardins Baha’i près d’Akko, classés au patrimoine mondial. © Shutterstock

En 1187, après la bataille de Hattin, Acre fut remise à Saladin, sans combat. Les commerçants chrétiens avaient fui la cité avant la reddition. Mais les croisés devaient revenir : la Troisième croisade, menée par Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, reprit la ville en 1191.

En 1868, Bahá’u’lláh a été exilé dans la citadelle d’Akko. Aujourd’hui, les jardins Baha’i et le sanctuaire qui s’y trouvent attirent des visiteurs du monde entier.

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Akko-Ptolémaïs

Une ville côtière au carrefour des civilisations antiques
Vestiges archeologiques du Tel Akko
Vestiges archéologiques du Tel Akko. © DR
Bas-relief antique
Bas-relief découvert lors des fouilles. © DR

La ville originelle a été fondée sur une petite colline appelée aujourd’hui Tell el-Fukhar (en arabe, « colline des tessons »), Tel Akko ou « colline de Napoléon ». La première occupation à l’âge du Bronze ancien (IIIe millénaire avant notre ère) est attestée par des preuves écrites comme les textes d’Ugarit.

Au cours du IIe millénaire avant notre ère, Akko, ainsi qu’une grande partie du territoire du Canaan, est sous domination égyptienne. La ville s’intègre dans un réseau commercial qui relie l’Égypte et la Syrie.

Fragments de poterie antique d'Akko
Fragments de poterie antique découverts lors des fouilles à Akko-Ptolémaïs. © DR

La période perse et macédonienne

Akko est la seule métropole maritime de la Terre d’Israël hellénistique à avoir été officiellement rebaptisée par un souverain célèbre : Ptolémée II Philadelphe. La nouvelle identité confirmait qu’Akko-Ptolémaïs était un avant-poste de la culture hellénistique.

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De la période byzantine au début de la période arabe

Illustration de la periode byzantine d'Akko
Akko à la période byzantine. © DR
Personnage de la periode arabe
La période arabe. © DR

À la fin de la période romaine, des temples païens étaient disséminés dans toute la ville d’Akko, mais des églises et des monastères annonçant la conversion des habitants au christianisme commencent peu à peu à occuper une place importante dans le paysage urbain. À partir du IIe siècle, un évêque officie à Akko.

Pendant la période byzantine, Akko resta un centre de première importance maintenant les vestiges d’une église byzantine. Au début de la période chrétienne, les apôtres Paul et Pierre séjournèrent également à Akko.

Aux Xe et XIe siècles, Acre était gouvernée par la dynastie fatimide, qui contrôlait la région côtière grâce à une puissante flotte basée en Égypte.

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Saint-Jean-d’Acre au cœur des Croisades

Scene de bataille des croisades
Le combat des croisés pour Saint-Jean-d’Acre. © Shutterstock

Saint-Jean-d’Acre prit ce nom en l’honneur de Jean-Baptiste, patron des Chevaliers Hospitaliers. La ville est aujourd’hui surtout connue pour avoir été l’une des principales places fortes des croisés aux XIIe et XIIIe siècles. Parmi eux, les redoutes Templiers et les puissants Hospitaliers.

Les chrétiens résidèrent dans la ville jusqu’en 1291, lorsque les Mamelouks la détruisirent et les expulsèrent tous. La cité resta en ruines pendant environ cinq cents ans, jusqu’à l’arrivée des Ottomans. Les Turcs ottomans reconstruisirent Acre au-dessus des ruines des croisades, laissant une ville entière cachée sous terre.

Roi croise
Portrait d’un roi croisé, figure emblématique de l’époque. © DR

Dans les années 1950, les fouilles commencèrent et, aujourd’hui, la ville des croisés d’Acre est redevenue accessible dans sa partie souterraine : citadelle, tunnels secrets, port médiéval, églises… Saint-Jean-d’Acre est aussi un site de découverte, de beauté et de rencontres.

Vestiges souterrains de la ville des croises
Les impressionnants vestiges souterrains de la ville des croisés. © DR
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La Commanderie de l’Ordre des Hospitaliers

Vue aerienne de la commanderie des Hospitaliers a Akko
Vue aérienne de la Commanderie des Hospitaliers et de la vieille ville d’Akko. © Shutterstock

Qui sont les Hospitaliers ? Les chevaliers Hospitaliers sont un ordre militaire monastique dont la devise est le soin des malades en Terre sainte et la protection de la sécurité personnelle des pèlerins qui venaient visiter les lieux saints.

La naissance de l’ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem remonte aux environs de 1050. Quelques marchands venant d’Amalfi (Italie) obtinrent du calife d’Égypte le droit de construire à Jérusalem une église, un couvent et un hôpital. De là naquit une communauté hospitalière qui devint vite un ordre religieux et militaire.

Chevaliers hospitaliers en croisade
Les Chevaliers Hospitaliers en croisade. © DR
Interieur de la commanderie
L’intérieur de la Commanderie. © DR

La salle des piliers

La salle est surmontée d’un système de huit voûtes croisées brisées qui s’élève à une hauteur de 10 m, et est portée par des colonnes rondes d’un diamètre d’environ 3 m. Le bâtiment est considéré comme l’un de ceux qui symbolisent la transition du style roman au gothique. Il se peut qu’il ait servi de salle à manger à l’ordre, et que le hall à l’est ait été utilisé comme cuisine.

Salle des piliers de la commanderie d'Akko
La salle des piliers, chef-d’œuvre d’architecture de transition roman-gothique. © DR
Voutes de la commanderie
Détail des voûtes croisées brisées. © DR
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Le Tunnel des Templiers

Le tunnel souterrain des Templiers a Akko
Le mystérieux tunnel souterrain des Templiers, reliant leur quartier général au port. © Shutterstock

L’ordre des Templiers, ou les Chevaliers du Temple, est un ordre religieux et militaire fondé en 1119 par neuf chevaliers français, dirigés par Hugues de Payns. Il avait pour mission initiale de protéger les pèlerins chrétiens voyageant en Terre sainte lors de la première croisade.

Les Templiers avaient eu l’idée de creuser un tunnel souterrain qui reliait leur quartier général au port, situé 350 m plus à l’Ouest. Pourquoi ce tunnel ? Très certainement pour pouvoir faire transiter plus facilement, et surtout en toute discrétion, des marchandises de valeur et des biens précieux. Ils voulaient éviter toute convoitise.

Interieur du tunnel des Templiers
Le tunnel des Templiers : 350 mètres de mystère sous la vieille ville. © Shutterstock

La citadelle des Templiers

Elle n’existe plus aujourd’hui, mais on sait qu’elle était massive : les murs mesuraient presque 9 m d’épaisseur. En 2019, les archéologues ont découvert de nouveaux pans de la structure, en utilisant une technologie LIDAR de haute précision.

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Promenade dans les quartiers de la ville des croisés

Vue des remparts et de la mer a Akko
Les remparts de Saint-Jean-d’Acre face à la Méditerranée. © Shutterstock

Outre les deux grands centres que représentent le complexe des Hospitaliers et le quartier des Templiers, la cité est à l’époque des croisades un centre extrêmement actif et cosmopolite. Les commerçants ont organisé une vie communautaire en fonction de leurs origines diverses.

D’un point de vue géographique, on trouve différents secteurs qui reflètent cette diversité. Il s’agit du quartier vénitien, du pisan, du génois et de l’allemand. Chaque quartier possédait une place du marché avec des entrepôts et des boutiques.

Architecture medievale d'Akko
Vestiges d’architecture médiévale. © Shutterstock
Ruelles de la vieille ville
Ruelles pittoresques de la ville des croisés. © DR
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Sur les traces des Juifs à Acre au temps des Croisades

Illustration des Juifs au temps des croisades
Les communautés juives durant la période des croisades. © DR

En France d’abord, puis en Rhénanie, certains groupes de croisés populaires sont entrés dans l’histoire par les violences commises contre les communautés juives. La première croisade fut lancée avec l’injonction de « Délivrer le Saint-Sépulcre des infidèles ». La condition des Juifs va connaître une vraie détérioration dans le monde de la chrétienté occidentale à partir du XIe siècle.

Même si l’appel était de libérer Jérusalem, la première croisade a donné naissance à une longue tradition de violence contre les Juifs. De nombreuses communautés juives en Europe furent décimées.

En 1321, les Juifs, comme les lépreux, sont accusés d’empoisonner les puits. Lors de la peste noire de 1348-1350, on prend des mesures châtiées qui volontairement propagent l’épidémie…

Carte des routes des communautes juives
Carte des déplacements des communautés juives médiévales. © DR

Cette grande émigration se fit en deux étapes. Le premier groupe quitta l’Europe en 1209 ou 1210, et débarqua à Acre. Il était conduit par Rabbi Jonathan, fils de David ha-Cohen de Lunel, admirateur de Maïmonide.

La confiscation et la mise au bûcher du Talmud en 1240 donnèrent un élan supplémentaire à l’émigration vers la Terre sainte.

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Rabbi Yé’hiel de Paris

Quitte la France et installe son académie talmudique à Acre
Illustration de Rabbi Yehiel de Paris
Rabbi Yé’hiel de Paris et ses disciples. © DR

Rabbi Yé’hiel, fils de Joseph de Paris, est né à Meaux à la fin du XIIe siècle. Il est l’aîné et il est Levi. Souvent nommé en français Sire Vives – une traduction de Yé’hiel. Dans la littérature juive, on le désigne comme Rabbi Yé’hiel le Hassid, Rabbi Yé’hiel le Pieux, Rabbi Yé’hiel l’Ancien, ou encore Rabbi Yé’hiel le Saint.

La disputation de Paris (1240)

Les conclusions précises de la disputation muée en procès restent floues. D’un côté, le tribunal tarde à émettre une décision, visiblement en raison des arguments forts avancés par Rabbi Yé’hiel et ses compagnons, de l’autre le triomphe du christianisme doit être autoproclamé. Finalement, la disputation n’est qu’une mise en scène, jouée d’avance.

Illustration du debat talmudique
La disputation de Paris, 1240. © DR
Manuscrits anciens
Manuscrit du Talmud de l’époque médiévale. © DR

Aussitôt la disputation terminée et la condamnation du Talmud, le pape fit expédier des missives aux rois et princes d’Europe, exigeant d’eux de saisir et brûler tous les exemplaires.

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Akko, ville portuaire

Vue aerienne du port et de la ville d'Akko
Vue aérienne spectaculaire du port d’Akko et de la vieille ville. © Shutterstock

Akko est un modèle classique de ville portuaire fortifiée, qui a fonctionné pendant des milliers d’années comme l’un des principaux centres d’activité maritime de la Méditerranée orientale. La baie d’Akko est une position géostratégique essentielle : protégée des vents du nord et de l’ouest par le cap, elle a fourni un mouillage naturel et plus tard une base pour l’un des trois ports construits le long de la côte israélienne à l’époque prémoderne.

Le port d'Akko
Le port historique d’Akko. © David Ohnona
Le port et le phare d'Akko
Le port et le phare. © David Ohnona
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28 mai 1291

Les croisés chassés de Terre sainte
Bataille de Saint-Jean-d'Acre 1291
La chute de Saint-Jean-d’Acre, 28 mai 1291 : le dernier bastion des croisés. © DR

À la fin du XIIIe siècle, les États croisés, dont le royaume de Jérusalem, sont à l’agonie, délaissés par l’Occident qui se désintéresse des croisades. Louis XI, qui avait séjourné à Acre entre 1250 et 1254, quitte la ville et la laisse dans une quasi-guerre civile : la rivalité entre Gênes et Venise et celle entre les Hospitaliers et les Templiers va précipiter la fin.

Le 28 mai 1291, les deux cent mille hommes du sultan El Achraf Khalil réduisent enfin les défenseurs de Saint-Jean-d’Acre, malgré la résistance acharnée des Templiers, groupés autour du Grand maître, Guillaume de Beaujeu.

Carte des batailles des croises
Carte stratégique des Mamelouks contre les croisés. © DR

« Messieurs, je ne peux plus rien faire, je suis mourant. Voyez la blessure ! » Puis il s’affaissa sur sa selle et commença à glisser de cheval. Il fut emporté au château du Temple sur un bouclier. À cette vue, la défense sombra.

Récit de la chute d’Acre — Guillaume de Beaujeu, 1291
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Acre, ville emblématique de l’ère ottomane en Terre sainte

Illustration periode ottomane
Époque ottomane. © DR
Vue d'Akko a l'epoque ottomane
Vue d’Akko sous les Ottomans. © DR

En 1697, le voyageur anglais Henry Maundrell trouva la ville en ruine, à l’exception d’un khan (caravanérail) construit et occupé par des marchands français, d’une mosquée et de quelques chaumières modestes. Akko resta ainsi un petit village pendant environ une centaine d’années.

La reconstruction a commencé sous Daher El-Omar et fut achevée par Ahmad Pasha al-Jazzar. La ville redevient prospère, elle accueille des mosquées, des églises, des caravanérails et des bains, ainsi que des quartiers résidentiels.

La ville redevient prospère

Elle accueille des mosquées, des églises, des caravanérails et des bains. La période qui suivra est d’ailleurs une des plus éclatantes, avec, entre autres, l’arrivée de Napoléon qui mènera à la fameuse résistance d’Akko.

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Découvrir les mosquées ottomanes d’Acre

Mosquee Al-Jazzar d'Akko
La magnifique mosquée Al-Jazzar, la plus grande structure religieuse d’Israël après Jérusalem. © David Ohnona

En approchant de la Vieille ville d’Acre par la mer, la première chose que l’on voit est le minaret vert et blanc de la mosquée al-Jazzar. Il s’élève au-dessus des remparts de pierre de la ville. Cette magnifique structure est la plus grande mosquée d’Israël, après Jérusalem, qui abrite al-Aqsa.

Les Ottomans ont construit cette mosquée sur les fondations de la cathédrale Sainte-Croix, qui date de l’époque des croisés. Les grandes citernes voûtées en berceau ont été conservées, sous la mosquée.

Minaret de la mosquee
Le minaret de la mosquée. © David Ohnona
Interieur de la mosquee
L’intérieur richement décoré. © David Ohnona

La Mosquée Blanche (El-Zeituna)

Excellent exemple d’architecture ottomane, combinant les styles byzantin et persan. Elle s’appelait à l’origine Masjid al-Anwar (la « Grande Mosquée des Lumières ») et est également connue sous le nom de Mosquée Blanche, en raison de son dôme, autrefois blanc argenté, qui scintillait au loin.

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Découverte des anciens Khans d’Akko

Khan d'Akko
L’un des anciens Khans (caravanérails) de la vieille ville. © Shutterstock

Un caravanérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises, et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.

Dans la Vieille ville d’Akko, il existe quatre khans. Le plus grand d’entre eux, le Khan al-Umdan (Khan des Piliers), situé à côté du port, était autrefois utilisé par les marchands venant du monde entier.

Khan al-Umdan et sa tour de l'horloge
Le Khan al-Umdan et sa célèbre tour de l’Horloge. © Shutterstock / DR

Un proverbe arabe

« L’amour est un khan où l’on trouve ce que chacun y apporte. »

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La Synagogue du Rabbin Moché Hayim Luzzatto

Le Ramhal
Synagogue du Ramhal a Akko
La synagogue du Ramhal. © DR
Interieur de la synagogue du Ramhal
L’intérieur de la synagogue. © David Ohnona

Au centre historique d’Acre, cette synagogue est toujours en activité et l’on peut aussi visiter le musée adjacent, pour mieux comprendre la vie juive au Moyen Âge. L’histoire inconnue de la communauté juive d’Akko-Acre, pendant la domination des croisés aux XIIe et XIIIe siècles, nous amène à découvrir les principales étapes de vie du rabbin Moché Hayim Luzzatto, ou Ramhal.

Sa réputation grandit, on le dit inspiré par un Maguid, et de toutes parts affluent des étudiants et des érudits souhaitant entendre ses enseignements.

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L’incroyable Hammam du Pacha Al-Jazzar

Le hammam Al-Jazzar a Akko
L’entrée du hammam du Pacha al-Jazzar. © Shutterstock / DR

L’histoire du hammam turc, également connu sous le nom de bain turc, continue d’être un symbole de richesse culturelle, d’élégance architecturale et d’une tradition de bien-être qui fait pont entre le passé et le présent, entre l’Orient et l’Occident.

Le hammam al-Basha, sur les vestiges d’un ancien bain, a longtemps été le plus grand de Terre sainte. En 1918, les Ottomans furent chassés de Palestine par les Britanniques, mais les bains continuèrent de fonctionner jusqu’en 1947.

Interieur du hammam
L’intérieur restauré du hammam. © David Ohnona
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Musée des résistants juifs de la prison britannique d’Acre

La citadelle d'Acre et la Grande Mosquee
La citadelle d’Acre avec la Grande Mosquée en arrière-plan. © David Ohnona

Le musée des prisonniers juifs, combattants clandestins au service de la protection et de la défense des Juifs en Palestine mandataire, est installé dans la forteresse d’Acre, construite pendant la période ottomane sur les ruines de la forteresse des Chevaliers Hospitaliers.

Ce musée présente l’histoire de ces prisonniers, combattants clandestins de la Résistance, de la Haganah, de l’Etzel et du Lehi. L’exposition se concentre sur deux années de la période du Mandat, 1946 et 1947.

Il est possible de visiter les cellules de la prison, la salle du tribunal militaire et la salle d’exécution avec les cellules de la mort où ont été pendus les jeunes juifs combattants.

David Ohnona
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La Palestine pendant le Mandat britannique

Juifs et Arabes se confrontent
Combattante de la resistance juive
Jeune combattante de la résistance juive pendant le Mandat britannique. © DR

À la fin du XIXe siècle, marqué par des pogroms en Europe de l’Est et l’antisémitisme virulent en Europe de l’Ouest, Benjamin Ze’ev Herzl a fondé le mouvement sioniste. De nombreux Juifs européens ont immigré et se sont installés sur des terres, dans des marais et des déserts achetés au sultan ottoman par des mécènes.

Le 15 juin 1920 est créée la Haganah – littéralement « la défense ». Elle est formée pour établir une défense globale, non plus seulement des colonies agricoles mais de tout le territoire.

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Ze’ev (Vladimir) Yevgenyevich Jabotinsky

Fondateur du Betar et Commandant de l’Irgoun
Portrait de Jabotinsky

Vladimir Jabotinsky

Né le 17 octobre 1880 à Odessa, Empire russe

Un autre illustre personnage du panthéon du sionisme a été détenu à la prison de Saint-Jean-d’Acre. Il est le troisième enfant de la famille et grandit dans une famille juive assimilée de la classe moyenne.

Le 21 janvier 1917, Jabotinsky signe un mémorandum officiel au Cabinet de guerre britannique concernant la création du bataillon hébreu, et s’enrôle dans le 20e bataillon britannique.

Scenes de la vie de Jabotinsky
Jabotinsky et le mouvement sioniste révisionniste. © David Ohnona

Au dix-septième Congrès sioniste, en juillet 1931 à Bâle, les révisionnistes exigent que le Congrès formule explicitement le « but ultime » du sionisme : l’établissement d’un État juif sur la Terre d’Israël. La proposition des socialistes remporte une majorité de 121 contre 57. En réponse, Jabotinsky se lève de son siège et déchire publiquement sa carte de délégué.

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Avshalom Habib

Sabra, combattant de l’Irgoun, intrépide, arrêté, condamné et pendu par les Britanniques
Portrait d'Avshalom Habib

Avshalom Habib

Né le 18 juin 1926 à Haïfa

Fils de Rivka et d’Eliezer. Son père était un marchand réputé. Il a grandi dans la rue Strauss, à Jérusalem, et a étudié au lycée Beit Hakerem. Il adorait la lecture, l’écriture, le dessin.

Adolescent, il s’est rapproché des idées nationalistes et a exprimé ses vues sur la révolution du sionisme et les politiques du gouvernement du Mandat.

« Pouvez-vous m’expliquer exactement ce que vous vouliez dire lorsque vous m’avez dit : « Les chambres à gaz sont un jeu comparé à ce qui vous attend ici » ? »

Avshalom Habib au témoin britannique lors de son procès
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Le destin de Dov Bella Gruner

Pionnier, combattant de l’Irgoun, pendu par les Britanniques à Saint-Jean-d’Acre
Portrait de Dov Gruner
Dov Bella Gruner. © DR
Cellules de la prison d'Acre
Les cellules de la prison d’Acre. © David Ohnona

Dov Bella Gruner Hannah est né le 6 décembre 1912 à Kisvárda, en Hongrie, dans une fratrie de trois dont il était le petit dernier. Son père, Shmuel Yaakov Gruner, était rabbin, issu d’une grande lignée rabbinique. Aumônier militaire pendant la Première Guerre mondiale, il a été capturé par les Russes sur le front.

« Dans le sang et le feu, Juda est tombé – Dans le sang et le feu, Juda se relèvera ! »

Dov Bella Gruner, devant le tribunal militaire
Vue de la prison d'Acre
La prison d’Acre, où furent détenus de nombreux combattants juifs. © David Ohnona
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Acre, symbole de coexistence entre Juifs et Arabes en Israël

Marche de la vieille ville d'Akko
Le marché coloré de la vieille ville d’Akko. © David Ohnona

Akko est une ville unique dans le paysage israélien, abritant une population incroyablement diversifiée, composée de différents groupes ethniques, religieux, culturels et générationnels. Elle compte environ cinquante mille habitants, dont 58 % de Juifs, 33 % d’Arabes, et 10 % de minorités.

Akko s’est métamorphosée ces dix dernières années, pour devenir ce que beaucoup espéraient être l’exemple par excellence de ville mixte.

Marche colore d'Akko
Les étals colorés du marché d’Akko. © David Ohnona

Coexistence au quotidien

La Vieille ville d’Acre reste, elle, à 95 %, arabo-musulmane. Mais des édifices religieux, synagogues comme mosquées, continuent d’être préservés et restaurés. Les communautés tissent un nouveau lien, fragile mais réel.

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Or Torah

Une synagogue exceptionnelle à Akko
Mosaiques de la synagogue Or Torah
Les somptueuses mosaïques de la synagogue Or Torah à Akko. © David Ohnona

La synagogue Or Torah, connue aussi sous le nom de « Jariva », est une magnifique synagogue tunisienne, unique en son genre, située à quelques minutes de la Vieille ville d’Acre. Elle a été construite en 1955 sur le modèle de la synagogue El Ghriba de Djerba.

C’est un véritable joyau. L’intérieur est décoré de mosaïques, du sol au plafond en passant par tous les murs. Abordant des thèmes tels que la Bible, la Shoah, le sionisme et l’État juif, la synagogue offre une présentation unique et émouvante de l’histoire d’Israël.

Detail de mosaique - Or Torah
Scènes bibliques en mosaïque. © David Ohnona
Mosaique de la couverture - gazelle
La célèbre mosaïque de gazelle, couverture du magazine. © David Ohnona
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Le Kibboutz des éducateurs

Rendez-vous avec une utopie sociale
Jeune homme du kibboutz urbain d'Akko
Un membre du kibboutz urbain Dror Israel à Akko. © N.H.

Ce programmeur informatique, âgé de 42 ans, est l’un des cofondateurs du kibboutz urbain, également connu sous le nom du kibboutz des éducateurs Dror Israel, qui abrite aujourd’hui quatre-vingt-dix adultes et trente enfants. Cet idéal social, réinventé en milieu urbain, est ancré dans une volonté de vivre ensemble au-delà des différences.

Idée relativement récente, le kibboutz urbain des éducateurs se rattache à une longue tradition. Ses membres sont issus de HaNoar HaOved VeHaLomed (Jeunesse Travailleuse et Étudiante), le mouvement de jeunesse le plus important d’Israël.

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Uri Buri

Magicien des papilles et éternel optimiste
Uri Jeremias, le celebre restaurateur d'Akko
Uri Jeremias, le charismatique restaurateur d’Akko. © Flash90

Des étoiles dans les yeux, un sourire dans la voix, un empressement de vivre. Il ne faut pas plus de quelques minutes passées en compagnie du restaurateur-entrepreneur Uri Jeremias, qui vient de souffler quatre-vingt-une bougies, pour être saisi d’un sentiment de bien-être teinté d’admiration.

Le charismatique propriétaire de deux établissements phares d’Acre – le restaurant de poissons et de fruits de mer Uri Buri, ouvert voilà trente ans, et l’Hôtel Efendi, inauguré en 2012 – est un visionnaire qui a contribué à faire d’Akko une destination gastronomique incontournable.

Un avenir aux générations futures est ce que les gens nécessiteux apprécient à voir : un lieu de convivialité, de culture et de partage, où chacun trouve sa place.

Uri Jeremias (Uri Buri)

Akko, éternellement mystérieuse

Mosaique du plafond de la synagogue Or Torah, Acre
Plafond de la synagogue Or Torah, Acre — Couverture arrière de L’Arche N°711.

Remercions le temps et l’espace à la découverte…

Brigitte Ohnona Mannheim

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